L'entrevue de Inconitoduvaucluse
Que faites-vous dans la vie et qu'aimeriez-vous faire plus tard?
J'observe la planète
Que préférez-vous chez un homme ou une femme?
Le contenu et non le contenant
Qu'aimeriez-vous faire lors d'une toute première rencontre?
Discuter
Si vous deviez échouer sur une île déserte, quels sont les 3 objets que vous aimeriez avoir en votre possession?
Ma paire de lunettes et le livre d'Alain Bombard, intitulé : "Naufragé volontaire"
Quel est le message le plus drôle ou le plus étrange que vous ayez reçu sur internet?
Récemment, j'ai reçu ce message : "Menteuse" !
A cela, j'ai répondu ceci : Navrée de vous contredire ! Je ne suis pas une menteuse puisque je suis bien allée dans tous ces pays, que cela vous plaise ou non.
Pour votre gouverne, je n'ai, même, pas pris la peine de détailler.
Mais par exemple, je suis allée, quatre fois à Madagascar, trois fois en Inde ou en Pologne, deux fois en Thaïlande, en Egypte, aux USA , en Chine, en Russie, aux Philippines, au Japon, en Croatie ou au Canada. Je ne compte plus mes voyages en Italie, en Espagne, au Pays-Bas, en Grande Bretagne ou au Portugal.
Je connais très bien la France métropolitaine et celle d'outre mer (Corse, Réunion, Mayotte, Martinique, Guadeloupe, Saint Martin, Marie Galante), ... ...
Donc avant de qualifier mes affirmations de mensonge, prenez le temps de vérifier !
Ci-après, quelques textes écrits de ma main. Peut-être, si vous avez la curiosité de les lire, vous comprendrez aisément que tous mes voyages existent bel et bien ...
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My perfect day - Nicholas
En 2024, je suis allée voir le film "Perfect days", au cinéma Utopia d'Avignon, sans trop savoir ce que j'allais y découvrir.
En sortant de la salle obscure, totalement bouleversée, j'ai dû prendre la plume pour tenter de retranscrire mes émotions. Je vous les livre, ci-après, sans détour.
Perfect days, un film, une fable qui m'a laissée, quelque peu, pantoise.
Il fallait oser mettre à l'honneur un nettoyeur de toilettes publiques, grand lecteur, photographe, amoureux des arbres, dans sa routine éternelle du quotidien, tel Sisyphe. On aurait pu l'imaginer, aisément, tout envoyer balader et partir en mini-van, en quête de forêts séculaires ou primitives.
Eh bien, non !
Jour après jour, il s'évertue sans relâche dans un astiquage perfectionniste. Un travail minutieux, à l'aide de gestes artistiques, pour des lieux qui, généralement, ne sont que des bouillons de culture, emplis de germes et autres bactéries ...
N'ayant jamais mis un orteil à Tokyo, j'ai découvert grâce à ce long métrage, deux heures durant, l'architecture et la technologie, plus que High-tech, des Water-closet à la nippone.
Avec un acteur charismatique, un dégradé de couleurs et une lumière très particulière, le spectateur y trouve la quintessence de la beauté, selon son auteur, là où personne n'aurait pu imaginer la rencontrer.
Alors oui, il fallait oser filmer, cela ...
Lorsque l'on se nomme Wim Wenders, peut-être, est-ce tout simplement une évidence !
Lors de mon bref séjour, sur l'île de Sesoko, à l'hôtel E-Horizon resort, qui n'a de resort que le nom, et notamment, lors de ma soirée, à Nago city sur l'île principale d'Okinawa, du mercredi 3 décembre 2025, toutes mes émotions, de l'époque, ont refait, instantanément, surface.
Ma rencontre avec Nicholas, en est la cause. J'ai eu l'impression d'avoir devant moi, Koji Yakusho dans le rôle principal d'Hirayama, à quelques subtiles différences près.
Dès mon arrivée à l'hôtel, soit à peine deux jours auparavant, je fus, agréablement surprise de constater son anglais irréprochable. Nous avions pu échanger, à plusieurs reprises, pendant de courts laps de temps. Petit à petit, des brèves courtoises mais inconsistantes, entre une cliente et un employé d'étage, notre conversation évolua sur des sujets plus profonds. Le courant passait, instinctivement, entre nous deux. Nous étions sur une longueur d'onde similaire. De fil en aiguille, il m'a invitée, naturellement, chez lui pour dîner.
Après m'avoir fait visiter son intérieur modeste, que l'on pouvait embrasser dans seul regard, il fila sous la douche, pendant que je fus mise à contribution pour éplucher une pomme de terre et préparer deux brocolis.
A peine entrée au sein de son logement, je fus, immédiatement, frappée par l'importance accordée à la littérature et à la musique. Aucun meuble ou objet de valeur, dans l'intérieur typiquement japonais, de son deux pièces, à part un empilement, impressionnant de livres et de CD. Au cours de la soirée, il s'est livré à moi, sans détour, sans aucune pudeur.
Je suis entrée dans l'intimité de sa vie, aussi bien, professionnelle, que personnelle. J'y ai découvert un homme de ménage, très digne, de nationalité britannique, célibataire, de plus de 60 ans, qui aura l'obligation de travailler, jusqu'à son dernier souffle ; nettoyer des chambres dans plusieurs hôtels, de la région de Nago, afin de pourvoir à ses besoins, les plus élémentaires, ceux de se nourrir !
Depuis des années, pour faire face aux gestes répétitifs des changements de draps, désinfection de sanitaires, vidage des poubelles et autres containers,..., il a choisi de s'évader, intellectuellement, dans un monde parallèle. Après sa journée de labeur, il retrouve, en rentrant chez lui, tout un cercle d'amis. C'est ainsi qu'il côtoie de nombreux hommes et femmes avec lesquels, il entretient et nourrit des rapports très particuliers, incroyablement enrichissants, totalement indispensables à son développement personnel et équilibre psychologique.
Ainsi, il oublie son quotidien, il échappe à sa piètre situation économique, l'obligeant, parfois, jusqu'à aller glaner des restes alimentaires ou autres objets, mis au rebut.
Il m'a remis, entre les mains, un pavé, une juxtaposition de feuilles de papier. Puis, il m'a présenté, un à un, les différents personnages qui lui tiennent compagnie et avec lesquels, il converse, depuis des années, chaque soir en rentrant chez lui.
Je l'ai écoutée, captivée, pendant plusieurs heures.
C'est à ce moment-là, que j'ai pris conscience que l'essence, même, de son existence se résumait à écrire inlassablement, une o euvre littéraire constituée, de plusieurs romans, dont l'un, de plus de sept cents pages. Un ouvrage écrit par un homme solitaire qui ne sera jamais achevé, et pour cause, et certainement jamais lu par qui que ce soit.
Après m'avoir raccompagnée à mon hôtel, distant de dix-sept kilomètres, il ne me reste, matériellement, qu'une carte de visite ainsi qu'un vêtement récupéré dans une poubelle dont il m'a fait don.
Prochainement, une immense fierté indicible m'accompagnera, lorsque je me pavanerais, dans les rues d'Avignon, en arborant cette longue veste de tricot beige.
Dès à présent, ces instants précieux, à écouter cet homme, avec lequel je ne pourrais garder contact puisqu'il refuse, catégoriquement, d'être connecté au reste du monde, me laisse, à jamais, une trace indélébile ...
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Pour ceux qui n'ont pas eu la chance de voir le film Perfect days, voici un lien vers sa bande-annonce :
https://www.youtube.com/watch?v=LGd1G3wKAg4
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Des Rats
J'entends du bruit. Que se passe-t-il ? Devant, derrière, à gauche, à droite !
Ah ! Mais il y en a dans tous les coins : ce sont des RATS !!!
Je ne sais plus où donner de la tête. Je me mets à courir dans tous les sens. Mais où que j'aille, il y en a !
Des rats, des rats, des rats !
Le bruit est omniprésent. Partout, où je regarde, cela grouille de tous les côtés.
Je n'arrive plus à me frayer un chemin. Je me sens presque oppressée tellement ils sont nombreux.
Je suis tétanisée, pratiquement pétrifiée.
Ils font un véritable raffut. Ils ont envahi les rues de toute la ville.
Des lumières m'éblouissent, il y a de plus en plus de monde. Tout le secteur est bloqué. Je me retrouve au milieu d'eux. Les couleurs se mélangent mais c'est le rouge qui domine.
Alors, je reste scotchée sur place et trouve cela merveilleux. J'écarquille les yeux. Je sors mon appareil et je mitraille.
Que c'est beau ! Littéralement magique.
Moi et la foule sommes en liesse, nous fêtons l'année du rat.
Instants de voyage : 2 février 2020, clôture des festivités du nouvel an chinois dans le quartier de Georgetown à Penang, Malaisie.
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J'en ai vu, quelques uns. Je suis allée à leur rencontre au détour de certains de mes voyages. Si j'ai bonne mémoire, j'en connais déjà 6 alors il m'en reste encore beaucoup à découvrir fortuitement ou de façon plus volontaire. Pas moins d'une bonne soixantaine.
Ils embrassent toutes les religions, tous les courants politiques, tous les systèmes économiques.
Certains sont grands, voir très grands, afin d'affirmer leur puissance alors que d'autres sont plutôt petits, et ce, quelle que soit leur nationalité.
Il y en a, peu, de très âgés et pour cette raison, nous nous devons, par tous les moyens, de les protéger. J'y suis, moi-même, très attachée. Trois, à ma connaissance ont été classés au patrimoine mondial de l'Unesco (Hadrien, Chine, Ston).
Cependant la plupart d'entre eux sont très jeunes et de plus en plus sophistiqués.
Pour le moment, ils ne représentent pas une grande gêne pour ma petite personne mais qui sait ?
Eh oui ! Sait-on jamais ...
Lorsque j'y pense, ils m'indisposent. J'éprouve tellement de honte !
Mais qui sont-ils ?
A quoi servent-ils ?
Pourquoi sont-ils de plus en plus nombreux ?
Ils ne se font aucun souci. Ils ont, tellement, de beaux jours devant eux.
On a trouvé de nombreux et bons prétextes pour les ériger. On les targue, notamment, d'être idéologique ou bien sécuritaire.
N'étant pas en mesure de vous les présenter un à un, ne sachant comment choisir la bonne classification pour les ordonner, je vous inviterais à les découvrir par vous-même. Vous en connaissez certains, disons les plus emblématiques, et vous les laisse à votre libre appréciation.
Quelques uns portent un nom précis, d'autres non !
Ce qui est certain, c'est qu'ils n'ont rien d'humanitaire et qu'ils représentent, tout de même, mis bout à bout, un peu plus que la circonférence de la terre au niveau de l'équateur.
Alors, je vous laisse imaginer celui que j'ai baptisé " le mur de l'absurde", un mur de 41 000 km de long !
Pour écrire ce texte, je me suis basée sur les travaux d'Elisabeth Vallet, chercheur à l'U.Q.A.M., Université du Québec à Montréal, chaire Raoul Dandurand études stratégiques et diplomatiques.
La grande muraille de Chine, les murs d'Hadrien ou de Berlin, dans l'histoire de l'Humanité, les murs ont toujours existé. Mais c'est une véritable inflation à laquelle on assiste depuis quelques années. Plus de soixante-dix édifices sont désormais construits ou programmés dans le monde, sur environ 41 000 km, l'équivalent du tour de la Terre.
Elisabeth Vallet identifie quatre principaux problèmes, paradoxes ou apories, causés par les murs :
Les murs ne servent à rien car ils induisent des logiques de transgression. On a dénombré 150 tunnels sous la frontière mexicano-américaine. Les trafiquants contournent les murs et barrières par la mer avec des sous-marins ou par les airs avec des drones... Ces stratégies de contournement sont multiples, de plus en plus sophistiquées et dangereuses à mesure que les murs se renforcent.
Les murs viennent fracturer une zone transfrontalière, donc déstructurer une économie locale.
Alors que les passages de frontières pouvaient être pendulaires, saisonniers, temporaires - on pouvait revenir en arrière, retourner dans son pays d'origine, ces murs empêchent paradoxalement ceux qui les ont franchis de ressortir du pays où ils sont indésirables.
Les murs "invitent les mafias à la table de la frontière". On ne peut plus franchir un mur sans faire appel à des structures criminelles, et de plus en plus criminalisées. Une situation plus grave que le problème originel est ainsi créée.
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K
All ez y doucement : "Pole Pole".
Il devient difficile de mettre un pied devant l'autre.
L'oxygène se fait rare.
Votre souffle est court.
Une barre se forme au niveau de votre cerveau.
Si vous avez trop mal, surtout arrêtez-vous : c'est le M.A.M.
On ne plaisante plus, là !
On est en haute montagne.
Vous risquez l'oedème.
Cela pourrait vous être fatal.
Mais, vous y êtes presque.
Arrêtez vous un instant.
Reprenez votre souffle.
Vous n'êtes pas pressé.
Savourez chaque instant.
Regardez comme c'est beau.
L'Afrique est maintenant à vos pieds !
Pole Pole : signifie doucement doucement. Les guides nous le rappellent régulièrement. Il faut monter très doucement. C'est d'ordre vital : acclimatation de l'organisme à la raréfaction de l'oxygène.
Le réel et seul danger est le mal aigu des montagnes (M.A.M.) qui peut survenir à tout instant ===> oedème ====> mort.
Ascension du Kilimandjaro - 5895 m - le 22/02/2001
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Ma déclaration
Ce n'est que la troisième fois que j'emprunte la gare ferroviaire de Krakow Glowny, soit la gare centrale de l'ancienne capitale de la Pologne. Cette dernière et ses alentours ne semblent plus avoir de secrets pour moi. Plus besoin de G.P.S., je navigue à vue comme si je les connaissais depuis toujours. C'est ainsi que je me dirige les yeux fermés vers l'immense galerie commerciale qui la jouxte. J'y pénètre, happée par le flot incessant de ses usagers venus y faire quelques emplettes afin d'en ressortir, au plus vite, pour atteindre, en quelques foulées, le Planty, ceinture verte du quartier historique où les habitants aiment à se prélasser. Choisissant un banc à l'ombre d'un des grands arbres centenaires la composant, je m'imprègne des parfums subtils et délicats de cette fin d'été et me mets lentement à griffonner. Je me trouve subitement submergée par mes émotions. Comment as-tu pu, en si peu de temps, m'atteindre, à ce point, au plus profond de mon être ?
Toi, Cracovie, que j'ai, maintes et maintes fois, arpentée, ces jours derniers, il faut que je te l'avoue du haut de ta superbe : "Mon dieu que tu es belle !"
Instants de voyage, 13 septembre 2023, Cracovie-Pologne
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Juste pour un bus
Ce matin, après ma petite insomnie de cette nuit, je me réveillais sous les coups de 8h30.
La première chose que je me suis dite, fut : " oh, my god".
J'avais prévu de prendre un bus pour Moalboal à environ 4h de trajet depuis Cebu city.
J'ai compris qu'il ne fallait pas que je traîne.
Je me douchais rapidement, bouclais mon sac à dos, passais par la case réception de l'hôtel afin de rendre la clé et de récupérer mon deposit de 500 pesos PHP, soit un peu moins de 10 euros.
Puis, je me précipitais dehors. Je n'avais aucune idée de l'heure de départ des bus quotidiens pour cette destination. J'avais trouvé comme info sur internet, un site, non à jour, qui précisait 4 bus par jour, premier départ 6h, dernier départ 14h à une fréquence de 3 heures. Un rapide calcul me disait qu'il devait être aux alentours des 9 heures et quelques.
La veille, j'avais pris le soin de situer parfaitement où se trouvait la "Cebu south bus station", d'où partaient les autocars pour Moalboal, à environ 900 m, de mon hôtel. Un kilomètre à pied, ne me faisant absolument pas peur, c'est à de bonnes enjambées que je me dirigeais vers l'artère principale, une jolie 8 voies au trafic inlassable. Depuis moins d'une semaine que je suis là, je commence à analyser l'aménagement des villes Philippines. On passe d'une facilité déconcertante, de ces autoroutes urbaines à ces minuscules ruelles qui entrelacées entre elles forment de magnifiques dédales, donnant de petits quartiers que l'on pourrait qualifier de pavillonnaire où il règne une certaine quiétude entre pot de fleurs, terrain de jeux, échoppes et coqs de combat. En dehors, c'est la jungle, l'empire des transports motorisés en tout genre : scooter, motos, tricycles, side-car, berlines, 4x4, pick up, camionnettes, camions, blindés de transport de fonds, minibus, autocars, ...
J'ai l'impression que tout l'arsenal des véhicules thermiques de la planète y est représenté.
Ma course, d'un pas très actif, fut, d'un seul coup d'un seul, stoppée net !
Un paramètre pourtant bien connu se produisit, auquel je devais réagir immédiatement ; pas le choix de faire autrement.
Arrêt net.
Je quittais mon sac à dos. J'avais mis en place une petite logistique astucieusement installée, déjà mise à l'épreuve au cours de différents autres voyages en Asie du sud-est et dont je suis particulièrement fière. Même si ce n'est pas très esthétique, cela est rudement pratique et efficace. Un petit truc de rien du tout, n'ayant aucune valeur marchande mais qui vous rend de fiers services, le jour J, à la minute même. En effet, à ce moment-là, où le phénomène se produit, sans prévenir, vous n'avez pas le temps de tergiverser longtemps. Il faut agir vite mais efficacement.
D'abord, vous quittez votre sac à dos. Puis vous rabattez le fameux sac plastique de 100 litres. Vous sortez un minuscule sac en plastique transparent de la petite poche intégrée à la ceinture abdominale de votre sac, grosse ceinture molletonnée qui reporte une grande partie du poids sur vos hanches afin de protéger la charge de vos épaules et de votre dos. J'estime la mienne à environ 8 kg, bien que pesée 7,5 kg au comptoir d'enregistrement du terminal 1 de l'aéroport Marseille Provence.
Eh oui, les affaires du voyage : polaire, veste, chaussures, chaussettes, etc y ont trouvé refuge, jusqu'au prochain vol en avion. Je ne déambule pas dans Cebu city sous une température approchant les 30 degrés comme vous qui êtes en train de me lire avec une température hivernale.
C'est ainsi, que j'effectue précisément et rapidement chaque geste. Je sors un vêtement tout en plastique de mon minuscule sac que j'enfile. Je reprends et ajuste mon sac à dos. Puis je repars d'un pas pressé. Je ne peux plus vous cacher que j'ai senti quelques gouttes d'H2o sur ma peau. Les pluies peuvent être intenses mais fort heureusement de courte durée. Me voici donc équipée de ma cape de pluie et mon sac est protégé par un immense sac poubelle.
Je n'ai donc pas perdu beaucoup de temps, tout au plus deux minutes.
N'ayant pas envie de rester à attendre au terminal de la station de bus, une heure, deux heures, voire trois heures, alors, je presse encore plus le pas. Je m'aperçois que la chaussée peut être glissante. J'assure donc mes foulées de façon précise afin d'éviter l'aquaplaning. J'aurais l'air bien maline étalée de tout mon long ...
Je sens que la station n'est plus très loin. Je me hardis à traverser entre les files de véhicules à l'arrêt.
Ouf, me voilà enfin de l'autre côté, les bus me tendent les bras. Je me précipite sur un gars en uniforme, qui particulièrement réactif me demande : "where do you go?".
"Moalboal", répondais-je !
Un grand sourire illumina mon visage. J'avais bien prononcé la destination, il avait compris de suite.
Il me dit de ressortir du parking où je m'étais engouffrée et de me rendre au bâtiment suivant afin d'acheter mon billet.
C'est, cela, le miracle de l'Asie.
La population est particulièrement avenante. Les personnes aident naturellement.
Se déplacer, en Asie du sud-est, est d'une facilité déconcertante. Lorsque je compare à mon propre pays, j'ai honte parfois d'être française, vis à vis des touristes que nous accueillons régulièrement sans le moindre égard.
Dès mon entrée dans le hall, j'aperçois trois guichets avec pour chacun d'entre eux une bonne file d'attente. Grosso modo, c'est noir de monde. Je commence à blêmir.
Je choisis, au jugé, la file du milieu et commence mon attente. Une dame âgée remonte la que.ue en s'excusant. Tout le monde la laisse faire. Puis, c'est le tour d'un autre homme, plutôt âgé, également. La préposée s'avère être très efficace, j'arrive, enfin, à acheter mon billet. Un peu moins de 300 pesos que j'évalue environ à 5 euros. Je quitte le comptoir sous les conseils d'un autre employé des autobus et me dirige vers la salle d'attente. Mais là, un autre type me prend en charge car honnêtement, je ne comprends rien du tout. Je suis bien incapable de me débrouiller toute seule. La seule et unique façon de s'en sortir et d'arriver à bon port est de faire entièrement confiance aux autochtones. Je le suis donc aveuglément comme un sauveur. Je grimpe dans le bus, déjà plus que rempli. Il me désigne l'unique place assise qui restait de libre. Je dois caser mon gros sac à dos en hauteur, ne me voyant pas faire quatre heures de voyage avec lui sur les genoux. Je me retrouve près de la fenêtre, assise à côté d'un charmant jeune homme que j'estime à 14 ans tout au plus, qui se lève pour me laisser accéder à mon fauteuil. Il ne se passe pas plus de 5 minutes que, déjà, le car se met en branle.
Cela y est, j'y suis, enfin, arrivée. La suite du voyage ne dépend plus de moi. Le bus roule vers Moalboal, ville balnéaire sur la côte ouest de l'île de Cebu dans l'archipel des Visayas à 800 km au sud de Manille.
J'écris ces premiers instants de voyage, à chaud, depuis ce bus brinquebalant, nous sommes le samedi 21 janvier 2023.
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Même pas peur
Hello,
Départ de Cabannes à 4h du matin à pied.
Un peu plus de 10 km !
Objectif atteindre le premier train à 6h33 de Cavaillon
En pleine nuit noire
Je tente le stop
Première voiture : non
Deuxième voiture : non
Troisième voiture : non
Et puis, si !
La troisième voiture qui avait donné un coup de volant a fait demi tour, le conducteur interloqué de voir un bipède vers les 4h30 du matin faire du stop sur la départementale non éclairée.
Il refait demi tour à mon niveau, baisse la vitre.
La conversation de base s'engage entre le chauffeur et sa future passagère : moi.
"où allez-vous", lui demandai-je ?
Aix, me répondit-il.
Parfait, lui dis-je.
Petite voiture pourrie mais qui roule, un homme de maxi 40 ans plus que gentleman 1,90 m, plus de 120 kg, caractéristiques que j'ai appris au fur et à mesure de nos échanges.
Je pars un mois presque à l'aventure en mode low cost.
De fil en aiguille, les conversations se dirigent naturellement sur les voyages et sur la Roumanie en particulier.
Un voyage qu'il avait fait par son travail et moi 10 jours passés l'année dernière.
Il n'a pas dormi de la nuit mais décide par lui-même de faire un détour : arrivée directe à l'aéroport...
Je crois que c'est Sacha Guitry qui disait que le meilleur moment lorsque tu retrouves une femme ou une prostituée, c'est lorsque tu montes l'escalier.
Pour moi, le voyage a déjà commencé, ce matin lorsque j'ai verrouillé le cadenas de ma Cabane. Je ne savais pas exactement comment allait débuter mon périple.
Ne me dites pas que les voyages coûtent cher.
Tout dépend de la façon dont on s'y prend, de ce que l'on est prêt à accepter.
Si l'on met ses frayeurs, appréhensions de côté, alors, vous ne serez que remercier de toutes ces rencontres humaines d'une valeur inestimable.
J'écris ces premières notes assise du Class'croute du terminal 2 de l'aéroport Marseille Provence.
Mon sac à dos ultra light assis en face de moi comme unique compagnie.
Je suis seule mais pas vraiment, ma tête bouillonne en attendant mon vol Ryanair de 9h30 en partance pour Zadar.
Ah non ! 9h10, fermeture des portes 8h40.
Erratum : c'est une citation de Clemenceau
Voyage du 2 octobre au 27 octobre 2022 Croatie/Montén égro Via Bologne
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Il n'y a rien à voir
Ne me demandez pas ce qu'il y a, à voir, à Sibu ! Ce qu'il y a, à visiter ?
Je vous répondrais : RIEN !!!
Eh oui, il n'y a pas de monument particulier, pas de tours Petronas. Il a tellement rien à voir, qu'il y a tout.
Il faut y être, pas venir le voir comme un extra terrestre, tel un touriste descendant de sa limousine ou de son car pullman. Non, il faut le vivre tout simplement. Être mélangé à la population, échanger un regard, un sourire, quelques mots.
Je suis à bord de l'express boat, entre Sibu et Kuching, sur un fleuve dont je ne connais pas le nom, assise sur un banc de bois, au milieu des autochtones.
La seule blondinette, aux yeux bleus, au pays des coupeurs de tête.
Le soleil tape à, presque, une heure de l'après-midi.
Notre fusée flottante marque un arrêt, à Sarikei. Cela fait une heure trente que nous naviguons à un rythme d'enfer. On ne les appelle pas les express boats pour rien. Ils n'ont pas usurpé leur nom.
Une foule attend pour embarquer ; sans oublier les sacs, cartons, valises et autres marchandises.
A peine 5 minutes d'arrêt et nous voilà, à nouveau, lancé, à tombereau ouvert, en direction de Kuching. Le bruit des moteurs est assourdissant. J'entends, à peine, ce que hurlent mes voisins.
Avec la vitesse, la température fraîchit inexorablement.
Alors, je me sens bien.
Les minutes s'égrènent, les unes après les autres.
Les occupants du bateau s'assoupi.ssent. Nous sommes maintenant en pleine mer de Chine. Il n'y a rien à voir, à part, ce bleu profond de l'immensité aqueuse.
Les heures passent, il est, déjà, plus de 15 h.
C'est seulement lorsque la terre est, à nouveau, en vue que petit à petit, chacun d'entre nous, bercé par le roulis et assourdi par le vacarme des moteurs, sort de sa léthargie.
Nous approchons de notre destination finale. La capitale du Sarawak s'offre à nous.
Alors, ne me demandez pas ce que j'ai vu de beau.
Rien de particulier. Je n'ai rien vu, j'ai tout simplement ressenti ...
Instants de voyage, cinq heures passées sur le pont de l'Ekspres Bahagia
Fin janvier 2020, île de Bornéo, Malaisie
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En terre inconnue
Cinq minutes avant de partir, j'entends une sorte de gémissement. Ce sont comme des bruits de dilatation, d'étirement, des craquements, des sons métalliques mais pas seulement. J'ai un peu de mal à définir exactement les organes concernés par ces plaintes sonores. Et bien, il ne s'agit que du train qui se réveille. On a l'impression qu'il ne veut pas partir et que l'homme le dérange dans son profond sommeil.
C'est avec, à peine, une minute de retard qu'il s'ébranle doucement sur ses deux traits d'acier parallèles dont je ne distingue pas les extrémités. Lentement, il prend de la vitesse. Les bruits discontinus, entendu au moment du départ, ne font maintenant plus qu'un. Si je devais les caractériser, je dirais qu'il s'agit d'un refrain continu de Hard metal. Soudain, il s'arrête littéralement.
Nous n'avons parcouru qu'une centaine de mètres, tout au plus et pourtant il stoppe net.
Étrange, non ?
Serait-ce un faux départ comme un coureur pressé bondissant hors des starting-blocks, comme un Pur-sang anglais prenant le mors aux dents, à l'insu de son jockey ou encore d'un Malamute ou d'un Siberian husky fou de joie à l'idée de partir, arrachant ainsi le traîneau aux mains de son musher ?
Mais, non ! Rien de tout cela. Ni joie, ni torpeur, ni panne technique. C'est juste courant, habituel : la normalité.
Je vois quelques passagers monter à bord. Y aurait il une halte à moins d'un kilomètre du départ ?
Je m'aperçois que oui. C'est ainsi que je comprends, en moins d'une demi-heure, la signification exacte du mot omnibus à la Bulgare étant donné que je ne compte plus les arrêts, tellement, ils sont nombreux. Même leurs homologues roumains ne m'avaient pas fait pareille impression. Là, cela frise l'hilarité. Je pense que je vais passer plus de temps à l'arrêt qu'en mouvement. Au moins, il y a peu de risques qu'il ne déraille. Lorsque l'on observe l'état de la carcasse et de la machinerie, cela est, peut être, tout simplement préférable. Les deux uniques wagons qui le composent, se remplissent doucement. Je regarde par la fenêtre pour admirer les différents tableaux du paysage qui se succèdent les uns aux autres. Hélas, c'est impossible, nous sommes, encore, à l'arrêt. Je vais mettre plus de cinq heures pour parcourir, tout au plus, 260 km, distance qui séparent Bourgas de Plovdiv, la deuxième plus grande ville de ce pays. Élue capitale européenne de la culture en 2019, sa devise n'est autre que : "Plovdiv, une touche d'art et d'histoire".
Fort heureusement, l'intérieur du compartiment, avec ses fauteuils en tissu molletonné, est un peu plus aguichant.
Et puis, finalement, il se peut que je sois mauvaise langue. J'ai l'impression qu'il est, enfin, parti atteignant même sa vitesse de croisière. La plaine fertile de la Thrace soulignée de doux vallons défile, maintenant, devant mes yeux. C'est un tendre camaïeu qui s'offre à moi. Un mélange de vert d'eau, de vert bronze et de vert empire ainsi qu'un dégradé de jaunes pâles.
Le train se joue de moi. Il s'amuse à s'arrêter et à repartir. Je ne compte toujours pas les arrêts. De nouveau, il entre en gare. Je quitte momentanément les yeux de mon écran de téléphone pour lire la pancarte adossée au mur du bâtiment ferroviaire. Une fraction de seconde, j'ai l'impression d'avoir déjà vu ce nom. Mais, comment serait-ce possible ?
C'est la première fois que je mets les pieds en Bulgarie. Je me replonge dans mon écriture. Tout de même, cela continu de m'interpeller. Je prends donc mon billet écrit en cyrillique et il me semble lire le même mot. Mes yeux ont photographié comme avec la méthode globale étant donné que je suis bien incapable de déchiffrer quoi que ce soit. Je me lève d'un seul bond et demande, affolée, à la contrôleuse. Pour dire vrai, je ne demande pas véritablement, je me contente de lui tendre mon billet en scandant : "Plovdiv, Plovdiv".
Je comprends qu'il faut que je descende avant que le train ne reparte. Je récupère mes deux petits bagages à toute volée et dévale les marche-pieds pour me retrouver sur le quai. Il s'en est fallu de peu. Que s'est-il passé au niveau de mon cerveau pour que je réagisse ainsi, m'empêchant, in extremis, de me laisser porter vers une destination inconnue.
Je tends mon ticket à une Bulgare d'âge mûr. Elle ne parle pas l'anglais qui n'était certainement pas enseigné à son époque. Mon billet de train n'a, cependant, pas de secret pour elle. Cette dernière me fait comprendre qu'il faut attendre un autre train sur le quai contigu. Juste en comparant nos deux billets, je découvre grâce à elle, le numéro du wagon et de ma future place. Je viens de trouver, sur un simple quai de gare, ma petite maman bulgare qui me prend en charge : moi, l'étrangère totalement désorientée incapable de s'exprimer convenablement.
Je ne savais pas ce matin en quittant les rives de la mer Noire pour m'enfoncer dans les terres d'une Bulgarie authentique que je vous livrerais ces quelques lignes d'écriture.
Instants de voyage d'un premier trajet en train pour la terre inconnue du cyrillique.
Mardi 19 septembre 2023 - Bulgarie
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Couleurs philippines
Combien y a-t-il de couleurs ?
En connaissez-vous le nombre exact ?
Vous êtes-vous, déjà, posé la question ?
Tout le monde connaît les couleurs primaires, tels que le Bleu, le Vert ou bien le Rouge ; on les apprend, dès l'école maternelle. Au fil des années qui passent, on en aperçoit de nouvelles. Disons, qu'il est, de plus en plus aisé, de les distinguer, d'en spécifier les nuances. Le vert, alors, devient empire, d'eau ou bouteille, le bleu se dit cyan, azur, turquoise, électrique, roi, nuit. Quant au rouge, il se décline magenta, vermillon, rubis, sang, carmin, pourpre ou encore grenat. Plus, on les dégrade ; plus, elles se mélangent entre elles ; plus, ces couleurs naissantes s'identifient à la beauté, ne trouvez-vous pas ?
Pourquoi, ce matin, je m'interroge, autant, sur les couleurs ?
Eh bien, j'ai l'impression de les avoir, toutes, embrassées d'un seul regard, avant-hier.
Elles défilaient devant moi. Le verbe parader serait plus adéquat. J'étais, tout simplement, au spectacle.
Un spectacle tout en profondeur et si silencieux.
Il suffisait, seulement, d'ouvrir grand les yeux !
Instants de voyage, plongée en apnée à Moalboal, île de Cebu, archipel des Visayas, Philippines
Dimanche 22 janvier 2023
P.S. : Les couleurs primaires apprises à l'école sont le Bleu, le Rouge et le Jaune et non le Vert.
Alors, pourquoi faire volontairement cet impair ? Eh bien, vous apprendrez, peut-être, qu'il n'y a point d'erreur. Tout dépend de la synthèse retenue, s'il s'agit de l'additive ou de la soustractive.
Dans la vie, rien n'est simple, la vérité est souvent bien plus complexe qu'il n'y parait. Tout est dans la nuance, il n'y a pas de blanc, ni de noir, la vie est un dégradé, une véritable mosaïque haute en couleurs ...
Quel est le secret de votre beauté?
L'écriture :)
Qu'est-ce qui est le plus important pour vous dans la vie?
La santé
Si vous pouviez partir demain pour n'importe quel endroit dans le monde, où iriez-vous et pourquoi?
Vaste question !
Que faites-vous de vos temps libres?
Je suis overbookée !
On the road again - Goin' places that I've never been - Seein' things that I may never see again - And I can't wait to get on the road again ...
Si vous gagniez un million à la loterie, que feriez-vous avec vos gains?
Voyager
Qu'est-ce que l'amitié pour vous?
Une denrée rare
Si vous pouviez peindre n'importe quel endroit ou paysage que vous avez vu, que peindriez-vous?
La planète entière
Si vous étiez perdu dans le désert, qui aimeriez-vous avoir comme compagnon/compagne avec vous?
Ma bonne étoile
Quelle est votre citation favorite?
« Ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd'hui »
Qu'est-ce qui est le plus important selon vous, les études ou l'expérience de vie?
Les deux sont indispensables
Si vous pouviez retourner dans le passé, à quelle date retourneriez-vous et pourquoi?
Aucune, je ne pense qu'à l'avenir
Quel titre donneriez-vous à une biographie sur votre vie?
Voyage Voyage :)
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